La tribune

Naissance d’une coach

Du souhait de devenir coach à l’acquisition des compétences pour exercer ce métier, c’est tout un parcours théorique et pratique, mais aussi un cheminement intérieur qui s’opèrent.


Il y a 18 mois, l’entreprise dans laquelle je travaillais nous a proposé un coaching d’équipe. Par son regard extérieur, par son questionnement en profondeur, notre coach a amené les membres de notre équipe à la prise de conscience de notre mode de fonctionnement et de nos points forts.

C’est tout un état d’esprit qui bascule : on ne se cherchait plus d’excuses, on cherchait désormais des solutions. Ce qui nous semblait insurmontable hier devenait petit à  petit une formalité. Plutôt que de nous focaliser sur nos points faibles, nous nous focalisions sur nos points forts. Au lieu d’analyser la situation depuis notre seul point de vue, nous étions désormais capables de l’envisager depuis d’autres perspectives. Cette prise de recul, ce « pas de côté », a été le déclic. Coach. Je voulais devenir coach.

Débute alors le tour d’horizon des organismes de formation au coaching. Pour avoir travaillé dans la formation professionnelle, je sais qu’il faut passer au crible plusieurs critères : nombre d’heures de formation, ratio présentiel/distanciel, outils pédagogiques, niveau d’entrée requis, formation certifiante ou non certifiante, reconnaissance de la formation par l’Etat, niveau obtenu à la sortie (master 1 ou master 2 ?). Une fois cette matrice complétée, une école sort du lot : ce sera Linkup Coaching.

La formation débute par une semaine d’immersion. De nombreux concepts, souvent nouveaux pour moi, sont expliqués par une équipe de plusieurs coach-formateurs, ce qui nous permet d’apprécier différentes approches et différents types de coaching. C’est passionnant, c’est intense. Nous sommes un groupe d’une vingtaine de personnes, d’âges et d’horizons différents. Des professionnels issus du conseil ou de la formation, des cadres, des chefs d’entreprises, une ancienne sportive de haut niveau, un psychologue, une sophrologue… Être ensemble, ça nous aide : on trouve plus d’exemples concrets, on se réexplique les notions avec nos propres mots. Et surtout, on met en place des exercices pratiques.

Une deuxième semaine d’immersion, tout aussi intense, suit quelques semaines plus tard. Au terme de ces deux semaines, je comprends pourquoi la formation s’étale sur neuf mois – c’est le temps d’une gestation finalement. Et c’est le temps qu’il faut pour s’imprégner de toutes ces nouvelles connaissances, de les comprendre en profondeur et de les mettre en application !

Car nous entrons ensuite dans la phase pratique : d’abord des exercices entre nous pour travailler une notion abordée en cours, comme la gestion du stress, du temps, d’un conflit, ou encore la définition de l’objectif…  Puis vient un entrainement grandeur nature avec l’engagement d’un processus de coaching complet en binôme avec un autre élève. Enfin dans un troisième temps, c’est le moment à la fois attendu et redouté du coaching avec notre premier « vrai » client. Heureusement, nous ne sommes pas seuls : on participe à des séances de supervision, avec des pairs et un coach superviseur auquel nous soumettons les difficultés rencontrées lors des séances de coaching. Le coaching est un métier très encadré : la déontologie est placée « au centre du village » et nous sommes supervisés en permanence, pendant mais également après la formation.

Cette formation à la fois théorique et pratique m’a appris beaucoup de choses sur le fonctionnement de l’humain… et donc sur moi-même. En fait, tout au long de la formation, il se produit un processus parallèle, une autoréflexivité, qui peut bouleverser la vie du coach : on prend conscience de ses propres schémas, de ses freins, de sa représentation du monde. On se repasse le film de sa vie personnelle et professionnelle par le prisme d’une grille de lecture nouvelle. Pour certains d’entre nous, il y a un avant et un après : notre vision du monde et de soi peut en être profondément et durablement bouleversée.

Ce travail sur moi m’a été rapidement très utile. Il m’est arrivé de traverser des moments de doute dans la rédaction du mémoire, incontournable pour décrocher la certification. Celle-ci étant un équivalent Master 2, elle exige un niveau solide : mes capacités de travail et cognitives seraient-elles suffisantes ? J’ai alors pu mettre en pratique l’auto-efficacité prônée par le psychologue Albert Bandura, au moyen d’auto-renforcements et de recherche de références internes. J’ai également pu expérimenter le cercle vertueux du flow décrit par Mihaly Csikszentmihalyi, stimulant motivation et efficacité. Cela m’a aidée à modifier une tendance à la procrastination encouragée par des activités demandant peu d’effort et apportant une gratification à court terme. Concrètement, j’ai coupé les sources de distraction « fast food », les écrans et les réseaux sociaux en particulier, pour me plonger en profondeur dans la réflexion et la rédaction de ce mémoire. Et j’y ai trouvé un authentique plaisir intellectuel : le flow !

À l’heure où j’écris ces lignes, je viens de tout juste de recevoir une heureuse nouvelle : j’ai obtenu ma certification. Je suis officiellement coach certifiée ! Un nouveau chapitre s’ouvre, je vais profiter de l’été pour monter mon cabinet et exercer dès la rentrée.

3 pensées sur “Naissance d’une coach

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    24 septembre 2020 à 8 h 48 min
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    Très intéressant Stephanie, c’est le parcours que l’on est obligé de faire quand on est son propre patron (aussi petit soit il). Une remise en question permanente sur nos choix, nos directions, nos rapports aux autres. Et dans ces temps de crise comme celle que nous traversons, il est cruciale de pouvoir aller chercher les solutions, la motivation et la remise en question nécessaire.
    Bonne route Stephanie, je suis sûre que vous avez toutes les qualités pour réussir !

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    2 octobre 2020 à 17 h 57 min
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    Que de bouleversements en cette année 2020, où le coaching s’est imposé comme nouveauté et continuum du reste de ma vie. J’ai l’impression d’avoir écrit ce post 😉

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    6 octobre 2020 à 2 h 02 min
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    Merci Stéphanie pour ce partage, et félicitation pour votre réussite.
    Votre récit sur l’écriture de votre mémoire me ramène à ce que j’ai vécu récemment.
    Aujourd’hui, je viens de rendre celui-ci et avec le recul, je confirme qu’il s’agit pour nous d’une renaissance.
    Comme le dit Fabienne, c’est le cheminement que nous devons suivre.
    Belle vie de coach à vous.

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