Le coaching : retour aux bases – Tour d’horizon #1

Le coaching : retour aux bases – Tour d’horizon #1

Qu'est-ce que le coaching ? Pour cette année 2022, on a décidé de revenir à la base en se posant cette question simple. L'une des manières de répondre, c'est de présenter les différents courants qui existent en coaching. Et également de vous expliquer leurs spécificités. Bienvenue dans notre nouvelle série : tour d'horizon des coachings.

Le coaching et les sciences

Le coaching, c’est une discipline d’accompagnement plutôt jeune. Il est formalisé dans le courant des années 70 et 80 aux états-unis. Pour autant, les coach·es mobilisent un corpus de connaissances et de techniques qui n’est pas nouveau. Je reformule pour être clair. Les outils et les connaissances du coaching n’ont pas été inventées sur un coin de table pour donner de la légitimité à une pratique émergente. Le vrai coaching, sérieux et qui marche, il s’appuie sur des outils et des connaissances éprouvées scientifiquement. Et la plupart de ces outils et de ces connaissances, elles proviennent notamment de la psychologie, de la philosophie et de la sociologie.

Comme chacune de ces disciplines, le coaching est divisé en courants. Dans cette série, je vais donc vous présenter les grands courants du coaching, leurs spécificités, leurs auteurs clés et les principaux problèmes clients qu’ils peuvent accompagner. Dans cet article introductif, on va faire un tour d’horizon général de ces différents courants.

Une dernière chose avant de commencer. La plupart des références utilisées dans la série provient de l’excellente somme Handbook of Coaching Psychology (dir. Stephen Palmer & Alison Whybrow, Éd. Routledge, 2nd Edition, 2019). C’est un livre collectif de presque 700 pages qui regroupe les contributions de plus de 30 auteur·es sur le coaching. Attention, il n’y a pas de traduction française. Mais bonne nouvelle puisque vous pouvez considérer cette série comme un résumé critique de la deuxième partie du livre : « Les approches psychologiques du coaching » (Coaching psychology approaches).

Les grands courants du coaching

Les approches comportementale et cognitivo-comportementale

En anglais on utilise le terme behavioural. En français, le vrai terme technique c’est béhavioriste. Mais vous pouvez dire comportemental, c’est la même chose et ce sera mieux compris. Le coaching cognitive-comportemental, c’est le coaching le plus communément connu. Celui qui se base sur des protocoles de questionnement stricts et éprouvés (pensez au Protocole de Formulation et de Définition de l’Objectif – PDFO – qu’on enseigne chez Linkup Coaching par exemple).

Les approches humanistes

Carl Rogers est l’auteur classique et phare de ces approches. On parle souvent de coaching centré sur le client et de non-directivité en coaching. Ces concepts, on les doit à l’approche humaniste. Ce type d’approche est un peu différente d’une approche cognitivo-comportementale. Ces dernières sont très outillées, avec des protocoles précis et évalués. L’approche humaniste met plutôt en avant un savoir-être qu’un savoir-faire. Quand on parle de posture de coach aujourd’hui, on utilise en fait un concept central de l’approche humaniste.

Les approches existentielles

Victor Frankl. Vous connaissez sûrement cet auteur. Il est très connu pour ses réflexions sur le sens. Et bien l’approche existentielle de l’accompagnement, c’est exactement ça. On va travailler sur le sens que les individus donnent à leur vie et plus généralement à leurs expériences et aux situations qu’ils rencontrent. On va donc travailler sur ce que les client·es veulent et ressentent pour les accompagner vers un alignement. En faisant cela, on produit un terreau favorable à un changement attendu et souhaité.

Les approches ontologiques

Comme l’approche existentielle, ce type d’approche est plus théorique et moins pratique, mais elle a des applications très concrètes que beaucoup de coach·es connaissent. L’idée principale ici, c’est que la manière dont on se représente le monde est la raison de nos actions. Résultat en coaching : on s’intéressera particulièrement à la structure de représentation et d’interprétation de la personne. En d’autres mots, on va travailler sur les fameux CVB… (croyances, valeurs, besoins). Le but principal d’une telle approche en coaching, c’est d’accompagner les client·es à réaliser que leur identité est le résultat d’une multitude de croyances, de valeurs, de représentations. Et que cette multitude est changeante. On parle parfois de plasticité structurelle, ou encore de restructuration cognitive. À partir de là, l’accompagné·e bénéficie d’un espace dans lequel il ou elle peut réfléchir à ce qu’il ou elle est et à ce qu’il ou elle veut être.

Les approches constructivistes

L’approche constructiviste se base sur ce qu’on appelle la Psychologie des Construits Personnels. C’est plus simple que ça en a l’air : nos comportements sont le résultat de nos pensées, de nos sentiments et de nos émotions. Voilà une autre manière de le dire : nous agissons en fonction de ce que nous considérons comme désirable et en fonction de ce que nous considérons comme désagréable.

Allez, une dernière reformulation pour la route : on agit pour réduire les risques et saisir les opportunités qui se présentent à nous. Et les coach·es dans tout ça ? C’est un processus qui va permettre d’accompagner les clients dans la définition de leurs objectifs. C’est également le processus qui va les accompagner dans la mise en place d’une stratégie pour atteindre lesdits objectifs. On parlera d’alignement du client avec ses objectifs.

L’autre grand pan de l’approche constructiviste, c’est la construction identitaire par la narration. On parle alors du coaching comme d’un processus co-créatif qui repose sur la narration. C’est-à-dire que les coach·es donnent à leurs client·es un espace dans lequel ils ou elles peuvent partager leurs expériences. Et ce partage, c’est le matériau de base du processus co-constructif en coaching (un outil très connu qui renvoie à cette approche est sûrement la ligne de vie).

Les approches systémiques

L’approche systémique est plutôt simple : dans le cadre d’un processus, on travaillera en prenant en compte non seulement l’individu mais également les systèmes auxquels il appartient. Le but, comprendre et faire comprendre aux client·es l’importance des interrelations. En faisant cela, les coach·es peuvent révéler plus efficacement des schémas relationnels aidant ou bloquant. Ils accompagneront donc d’une manière plus efficace. Dans ce type de coaching, on utilisera des outils de visualisation et de cartographie. À partir de ce matériau, on travaillera sur la qualité des relations entre les différents agents du système.

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Commentaires
avatar de Nicolas TRANCHAND

merci pour ce tour d’horizon très pertinent pour classer un peu les choses (et dépasser nos tentations de les ranger trop bien).
Je voudrais revenir sur l’expression « qui marche » : le coaching a des effets, qui sont mesurables et évaluables (et c’est même un critère pour débuter un coaching que de s’inscrire dans un projet évaluables). Je suis néanmoins gêné par le vocabulaire de l’efficacité… comme si une relation humaine pouvait relever de cette catégorie au même titre que la mécanique ; comme si la supervision n’était qu’un contrôle qualité ; comme si la clause d’obligation de moyens et de résultats n’était que la prévision d’une déficience du client.
A contraire ce qui fait la richesse du coaching c’est d’allier la rigueur des outils à l’engagement de l’humanité. Le coach a une technique mais n’est pas une technique, et c’est dans cet écart qu’est sa grandeur… et son efficacité !

Nicolas TRANCHAND

25 janvier 2022

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