Outils et stratégie

Entrepreneuriat et Coaching

Imaginer que seules les qualités intrinsèques à une pratique à haut niveau du coaching professionnel suffisent pour développer une activité économique relève d’une profonde ignorance des principes élémentaires qui régissent le développement d’une activité économique.


Stratégies cognitives qui empruntent au déni de cognition dissonante et à la résonance confirmative, biais cognitif de Dunning-kruger, d’illusion de savoir ou de statu quo, plus loin de nous phénomène des méconnaissances que l’on doit aux « Transactionistes », j’engage les futurs professionnels du coaching comme ceux qui pratiquent déjà à ne négliger ni le travail de conscience et de connaissance de soi ni les « réalités » économiques et sociales qui sont constitutives de nos environnements. 

Sans conclure prématurément mais en prenant position au bénéfice de l’image de notre métier, je « théorème » que l’impasse sur les qualités (ensemble de caractéristiques et aptitudes favorables) nécessaires voire indispensables à la mise en œuvre d’un projet professionnel que l’on associera dans l’article à des qualités entrepreneuriales n’est véritablement pas une option pour qui souhaite vivre véritablement du coaching. 

Beaucoup d’entre les Coachs Consultants Professionnels qui sortent d’une formation certifiante RNCP niveau 7 (anciennement RNCP niveau 1) sont en manque de repère à la perspective de devoir se lancer dans leur projet professionnel.

La notion d’entrepreneuriat trouve ses fondements dès le 18° siècle dans les écrits de Catillon et Say auxquels je renvoie les intéressés dans les notes de bas de page de l’article 3/3. On doit à Schumpeter au milieu du 20° siècle d’avoir associé l’entrepreneur à l’innovation. Pour Schumpeter, l’entrepreneur est vu comme un agent de changement résolument situé dans la dynamique du développement économique. Les économistes verront d’ailleurs l’entrepreneur comme un preneur de risques, un créateur d’activité, un déceleur d’affaires répondant par la qualité de sa « production » à des besoins non suffisamment satisfaits. L’entrepreneur tel qu’il est représenté et qu’il ressort des études « assume un risque à cause de l’incertitude dans lequel il évolue et qu’il est rémunéré en conséquence par le profit qu’il tire de l’activité dont il est l’initiateur »

Avant que d’aller plus loin notons ensemble les quelques mots clés qui pourraient participer d’une représentation commune de l’entrepreneuriat relatif à l’exercice du coaching professionnel : Initiateur – Prise de risque – Créateur d’activité – Innovation / Innovateur – Incertitude – Besoins – Rémunération en conséquence – Activité. Nous reviendrons plus loin sur les mots en question.

Après les économistes, les behavioristes (à considérer comme des spécialistes de l’étude du comportement humain) à l’instar de David McClelland s’emparèrent du sujet pour expliquer le comportement des entrepreneurs. La théorie du besoin de réalisation et de puissance que l’on doit à McClelland est controversée et se heurtent entre autres à la multiplicité des facteurs qui expliquent le développement des sociétés. Il n’en demeure pas moins que « le besoin de réalisation » s’attache désormais à la notion d’entrepreneuriat.”

Kets de Vries postula dans les années 1980 que les entrepreneurs étaient des gens mal adaptés manifestant un besoin de créer leur propre environnement. La création d’entreprise, l’entrepreneuriat, résultant donc non pas d’une simple attirance pour le travail à son compte mais d’une conjonction d’une capacité à répondre à un besoin et d’une prise en compte d’une réaction à un milieu (ou ancien milieu) de travail qui ne convient plus. Certains chercheurs avanceront les déséquilibres personnels constants inhérents aux activités de l’entrepreneur quand d’autres mettront en avant l’observation d’un degré de névrose plus élevé chez l’entrepreneur que dans la population en général.

On doit à Hornaday (1982) à la suite de nombreuses études tentant d’établir un profil psychologique scientifique absolu de l’entrepreneur, une liste non exhaustive des éléments permettant la mise en lumière des principales caractéristiques attribuéesà ceux-ci :

  • Innovateurs
  • Leaders
  • Preneurs de risques modérés 
  • Indépendants
  • Créateurs
  • Energiques
  • Persévérants
  • Originaux
  • Optimistes
  • Orientés vers les résultats 
  • Flexibles
  • Débrouillards
  • Besoin de réalisation
  • Internalité // Locus de contrôle interne (note jlab)
  • Confiance en soi
  • Implication à long terme
  • Tolérance à l’ambiguïté́ et à l’incertitude 
  • Initiative 
  • Apprentissage
  • Utilisation de ressources
  • Sensibilité envers les autres 
  • Agressivité
  • Tendance à faire confiance
  • Argent comme mesure de performance 

Cette liste constitue le deuxième ensemble de mots clés que nous retiendrons ensemble dans l’élaboration d’une représentation commune de l’entrepreneuriat relatif à l’exercice du coaching professionnel.

3 pensées sur “Entrepreneuriat et Coaching

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    15 mars 2019 à 16 h 58 min
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    Jean-Luc cet article arrive à point nommé et fait écho en moi compte tenu de ma problématique personnelle. Merci.

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    21 mars 2019 à 10 h 24 min
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    Merci pour cet article. Selon moi, entrepreneuriat ou “se lancer” deviendra le mode de travail majoritaire en Europe (cela le devient aux Etats-unis). Comme le disait déjà Machiavel « En agissant se dévoilent les partis, qui seraient demeuré cachés si l’on avait pas agi. », il faut agir dans l’incertitude avec une approche radicalement opposée à l’approche de type “prudentielle” encore trop largement répandue dans notre société.

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    1 avril 2019 à 21 h 14 min
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    Pour développer son activité économique et réussir, un coach, comme n’importe quel entrepreneur, doit posséder des qualités entrepreneuriales intrinsèques. Toutefois, de mon point de vue, posséder l’ensemble des caractéristiques établies dans la liste non exhaustive de Hornaday s’avère utopiste.
    Par ailleurs, sommes nous réellement des “gens mal adaptés” au contexte économique et professionnel quand nous décidons de pratiquer notre métier de coach en indépendant? Si c’est le cas alors cela reviendrait à valider la théorie de certains chercheurs affirmant qu’un coach entrepreneur est un professionnel présentant “des déséquilibres personnels constants” et/ ou que l’on observe chez ces coachs “un degré de névrose plus élevé … que dans la population en général”.
    Devrait-on pratiquer notre métier uniquement pour le compte d’autrui ?
    Non certainement non si cela ne nous convient pas.
    En tant que coach entrepreneur, si nous ne possédons pas de façon intrinsèque la longue liste non exhaustive des caractéristiques de l’entrepreneur, nous avons en revanche, la possibilité d’innover sur la structure professionnelle la plus adaptée à notre vision de l’entrepreneuriat et aux besoins de notre environnement économique.
    Le coach entrepreneur performant de demain n’est ce pas cela?

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