La tribune

Comment vacciner une formation contre le COVID 19 ?

Nous ne réalisons pas à quel point le confinement révolutionne la formation. Guillaume PASQUER, Responsable RH à la Fondation Apprentis d’Auteuil , nous livre comment, grâce au coaching, il a transformé une formation traditionnelle en une formation COVID 3.0.


17h, mardi 3 novembre 2020, Michel éteint son ordinateur. Depuis 9h ce matin, il est en formation sur les entretiens professionnels. ”Dur, le distanciel”, se dit-il. Il vient de passer 7 heures avec un casque sur la tête devant son écran à suivre des powerpoints et à faire des exercices. Il va dans sa cuisine et prend une aspirine pour faire passer le mal de crâne. Les informations ingurgitées se mélangent dans sa tête. “Je prendrais le temps de relire les supports de formations, ça sera plus simple”, songe-t-il. “Un jour…”.

Une semaine avant, le deuxième confinement avait été décrété. L’ensemble des formations avaient été annulées. Quelques-unes se sont transformées en formations “à distance”.

Ces transformations ont eu lieu la plupart du temps à la hâte. Les powerpoints et les exercices sont restés les mêmes. Le formateur a fait son speech (comme d’habitude), mais cette fois-ci devant sa webcam. Finalement, rien n’a fondamentalement changé.

Mais pouvons-nous vraiment animer une formation en distanciel comme en présentiel ?

Assurément non. Ce constat nous l’avons tous fait. La disponibilité du cerveau pour l’apprentissage n’est pas efficiente pendant 7h devant un écran.

Il est grand temps d’engager une réflexion sur nos méthodes : un confinement peut revenir, le télétravail s’est développé et la culture du travail est elle-même en mutation.

  • Imaginons une formation à distance garantissant un apprentissage, une mémorisation et une expérimentation in vivo.
  • Imaginons qu’un participant, à la fin de sa formation, ait déjà expérimenté les acquis de cette dernière.
  • Imaginons que nous construisions un parcours sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
  • Imaginons une quête dont le stagiaire serait le héros.

Qu’est ce qui ferait la différence avec une formation traditionnelle ? Le processus de coaching qui accompagne la formation.

Par exemple, j’ai pu travailler un nouveau format pour une formation au management suite à l’intégration d’une nouvelle manager dernièrement.

Voici les 4 étapes que j’ai suivies :

1 – Découper l’apport théorique en modules indépendants consultables à la demande

Chaque module est consultable “à la demande” par le participant. Il est composé de capsules vidéos, questionnaires et d’un défi à mettre en œuvre pour expérimenter l’acquis dans sa pratique. Le module se réalise en 45 minutes.

2 – Structurer l’accompagnement

L’accompagnement est un processus de coaching structuré par autant de séances que de modules en ajoutant une séance d’introduction et une séance de conclusion.

Chaque séance comprend deux parties. La première concerne la mémorisation de l’acquis théorique du dernier module suivi. La seconde est axée sur l’expérimentation en fonction des objectifs individuels du participant.

Chaque séance dure une heure maximum.

3 – Elaborer un support partagé.

Le participant a accès à un board personnel en ligne partagé avec l’accompagnateur. Sur ce board, il peut noter, à tout moment, chacune de ses expériences, ses apprentissages, ses réflexions, ses objectifs, etc.

Ce board sert de support aux séances de coaching.

4 – Animer une communauté de participants à distance.

Des rencontres en visio en petit groupe sont organisées pour l’échange de pratique entre pairs. Cela permet de créer du lien et de motiver au passage à l’action.

Ce nouveau format présente des avantages :

  • Il est facilement planifiable pour le participant en bloquant des plages d’une heure dans l’agenda (pour les modules ou les séances).
  • Il permet une meilleure disponibilité en assurant des séquences de concentration d’une heure maximum.
  • La mémorisation est accrue puisqu’elle est entraînée sur le long terme.
  • L’essai est transformé puisque le processus de coaching permet un accompagnement de l’expérimentation des acquis in-vivo.

Si le COVID nous oblige à nous réinventer.

Notre quête ne fait que commencer.

Profitons pour faire encore mieux qu’avant.

Dans ce bousculement, nous redevenons tous des apprenants.

Alors, partagez avec la communauté vos remarques, feedback et retours d’expérience en laissant un commentaire pour que chacun puisse puiser quelques repères ou idées et ainsi entrevoir l’après COVID avec plus de confiance.

Une pensée sur “Comment vacciner une formation contre le COVID 19 ?

  • Avatar
    12 janvier 2021 à 10 h 57 min
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    ET SI :
    Sous réserve de la prise en compte de l’écologie des participants et des formateurs, bien sûr (tous ne sont pas libres avec l’outil), la contrainte de la modalité à distance devenait un atout pour une meilleure adaptation des parcours apprenant à la personne et à l’objectif visé.
    MIS EN EVIDENCE :
    L’accompagnement est une condition d’appropriation et donc de développement des compétences utiles.
    PARADOXALEMENT :
    L’interface crée de la proximité et permet une centration (concentration) sur les acquisitions et sur le processus d’intégration indispensable.

    Certes, nous sommes seuls face à nos écrans et le contact ne nous a jamais autant fait défaut. Mais ces constats ne sont pas sans effet. La conscience de ce manque n’est-elle pas une première étape pour enclencher une dynamique, une motivation, une nouvelle pertinence ?

    Notre relation au temps se modifie. Nous trouvons ainsi une nouvelle place.

    Mon expérience actuelle (2 certifications en cours d’acquisition comme médiateur et coach consultant) m’amène à penser que les supports et les unités d’enseignement doivent être adaptés aux capacités d’apprentissage.
    Les expériences sont aujourd’hui nombreuses et leurs mises en œuvre se sont accélérées.
    Le travail des centres de formation et des unités pédagogiques est source d’innovation bénéfique.
    De très belles réalisations sont à valoriser.

    Si nous devons faire attention de ne pas trop perdre dans la mise à distance, nous devons également penser à intégrer l’expérience acquise et l’ouverture d’un champ des possibles dans le management de proximité que nous construirons pour demain.

    La distance comme outil d’efficience?

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