Pourquoi la préparation mentale du sportif de haut niveau ne se démocratise-t-elle pas plus ?

14-12-2015



En termes de performance sportive, existe-t-il des raisons tangibles qui expliqueraient qu’on se prive volontairement de la valeur ajoutée qu’est la préparation mentale?

Il y a peu de temps encore, nous pouvions accepter d’entendre qu’une contre-performance était liée à un problème d’ordre mental qualifié par ailleurs de déficience des habiletés mentales. Aujourd’hui, une chose est sûre cela n’est plus une fatalité.

Chaque jour, nous constatons que la frontière entre défaite et victoire devient de plus en plus infime… Aujourd’hui, pour le sportif de haut niveau, les enjeux sont de plus en plus importants, et  la concurrence, il est peu de le dire, est terriblement féroce. En résumé, la pression ne cesse d’augmenter. Outre l’aspect physique et tactique, ce qui serait à même de faire la différence entre un champion et un bon challenger repose quasi uniquement sur la bonne posture mentale. Le nouveau paradigme de la relation du sport et du sportif à la société et au monde de l’image et du marketing, l’ère du sport moderne en quelque sorte, nous montre chaque jour que les aptitudes physiques seules ne suffisent plus. Pour être opérantes, (pour atteindre le pic de performance et la durée dans le temps = performance optimale) elles doivent être impérativement accompagnées d’accomplissement et de sens.

Avons-nous le droit d’omettre cette variable qui est essentielle lorsque l’on parle de performance sportive ?

Face à ce constat, ce qui peut paraitre incompréhensible concernant les différentes parties prenantes du sport professionnel en France, c’est d’être resté aussi longtemps hermétique à l’approche de la préparation mentale.  D’autres nations dans le même temps, moins frileuses, plus audacieuses et ouvertes, récoltaient les fruits d’un travail de préparation mentale bien conduit.

Peut-être est-il temps de nous donner les moyens d’acquérir l’excellence afin de faire face aux nouveaux défis sportifs qui caractérisent notre temps?

Tout sportif serait  en quête de performance… Mais qu’est-ce qu’un sportif performant ?

Doit-il être engagé? Doit-il être responsable ? Doit-il être accomplit ? Son exemplarité ne doit-t-elle pas dépasser les limites du terrain? Ces questions nous interpellent. La performance de l’athlète et les conditions de la performance se limitent t’elles essentiellement à la dimension sportive?

Chose certaine, il y a dans le sport de la magie, de la passion, de l’émotion. Nous pouvons y retrouver une intense communion, une fraternité, une liberté…, nous observons un attrait universel et de plus en plus marqué pour le sport. Ce phénomène est révélateur de l’importance qu’il revêt, de ce qu’il génère en termes d’identité, d’appartenance, de lien social, de valeurs véhiculées et de ce qu’il représente aux yeux de beaucoup. Sens de la volonté, sens de l’effort, sens de la réussite, sens du dépassement de soi…. Voilà ce qu’un athlète doit incarner !!!

Le sportif de haut-niveau, ne se doit-il pas d’être l’ambassadeur des valeurs essentielles qui cristallisent l’ADN de la pratique sportive. Et pourtant, nombreux sont les exemples où celles-ci sont laissées au simple rang de métaphores…

Lorsque l’on aborde la dimension du sport professionnel, de la performance et de son lien à la société, de sa symbolique, nous ne pouvons-nous permettre d’ignorer le contrat moral qui lit le sportif en quête de performance et la société (le public), car celui-ci est le garant du respect d’un code éthique dans lequel s’inscrit le noyau de l’esprit sportif.


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2 réponses à “Pourquoi la préparation mentale du sportif de haut niveau ne se démocratise-t-elle pas plus ?”

  1. Bonjour.

    De toute évidence, cet article est bien fondé. Il n’en ai pas moins vrai, que dans notre société, faire appel à un préparateur mental, reste assez marginal du fait que les sportifs eux même ne sont pas de fait demandeurs et qu’en parallèle, les entraineurs, préparateurs sportifs, et autres encadrants se sentent suffisant pour endosser ce rôle. Ce pourrait être un créneau important si ce métier pouvait se démocratiser à des niveaux inférieurs à l’élite.
    Il y a des rites dans chaque sport, un historique de pratique et d’évolution dont le préparateur mental ne fait pas encore partie intégrante. En France il faut du temps et de la persévérance comme pour atteindre l’élite. Il est un phénomène qui me semble non négligeable, le préparateur mental est intrigant et donne dans l’esprit des personnes, l’impression d’être plus ou moins un gourou, ce qui est tabou bien évidemment et la peur pour les entraineurs que le préparateur mental se substitue à ses méthodes et ses propres discours. Par exemple, le hockey sur glace, est difficile à gérer comme la majorité des sports hautement pratiqués en Amérique. Ce dernier demande une aptitude collective et individuel avec la ferme maitrise de ce sport particulièrement complexe et difficile tant physiquement, techniquement et mentalement. C’est à cela que nous reconnaissons les grands coachs, ils connaissent les joueurs par cœur sur les trois paramètres précédemment cités. Ce travail doit se pratiquer exclusivement sur la demande et le contrôle des coachs en bonne intelligence, ce serait à mon goût, la seule solution pour arriver à des résultats optimal et de démocratiser cette pratique.
    Cet avis n’est que celui d’un ancien sportif de hockey sur glace et président d’un nouveau club de roller.
    Bien cordialement.
    Frédéric LEDON.
    Président de l’ASRA.

  2. Barrère dit :

    Bonjour, j’ai lu l’article avec beaucoup d’attention, merci pour ces réflexions… Qui m’interpellent et je m’interroge sur la perception du coaching mental… Tout d’abord celle de l’entraîneur, le coach, l’artisan de cette entreprise qui décline la stratégie, fin et moyens, pour accéder à la victoire. Difficile d’admettre qu’un tiers puisse réussir là où il échoue, et de prendre le risque que ce même tiers permette aux athlètes de concevoir une autre vision, de leur propre posture, susceptible de compromettre une stratégie à long termes. Le second concerne les champions pro ayant un coach mental, je pense, par exemple, à Murray avec A.Mauresmo. Ils ne sont pas dans un processus à court ou moyen termes comme il est préconisé avec, in fine, une autonomie du coaché. Cependant, cette relation qui nous apparaît comme « gourousante » est la référence des sportifs; le coach mental c’est celui qui m’accompagne, me guide, me récupère quand je perds pieds…Et elle peut fonctionner… Est-elle optimale? Je n’ai pas l’expérience pour me positionner mais il y a des exemples. Dans ces conditions, il est difficile d’envisager le coaching mental tel que les pro de cette discipline le conçoive. Quels « petit- pas pour faire évoluer les mentalités ? Information, coaching des coach, formation des coach au coaching mental? Ou comme le suggère Mr Ledon favoriser sa démocratisation à des niveaux inférieurs à l’élite. Une dernière question se pose celle du sens…le contrat moral, les responsabilités, quel alignement les sportifs peuvent-ils s’autoriser ? Le coach mental a-t-il un cadre et peut-il le concevoir ?
    V.Barrère (CVD)

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A propos de l'auteur

Loic Waguet

Loic Waguet

Co-directeur Linkup coaching I Directeur Human Performance

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