Le coaching est-il un existentialisme ?

07-12-2017



« (…) nous entendons par existentialisme une doctrine qui rend la vie humaine possible et qui, par ailleurs, déclare que toute vérité et toute action impliquent un milieu et une subjectivité humaine. »
 Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme

« L’existence précède l’essence » : phrase symbolique de la théorie sartrienne. Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Quel rapport peut-il exister avec la pratique du coaching ?

Dans ce contexte, la notion d’essence représente la nature propre à quelque chose. Par exemple, la nature d’une chaise est celle d’un objet conçu pour que les personnes puissent s’assoir dessus. Cette nature est prédéterminée. Donc, pour la chaise, son essence précède son existence.

Dans le cas de l’homme, la formule s’inverse : son existence précède son essence. C’est-à-dire que ses choix individuels vont déterminer ce qu’il va être. Par exemple, nous avons toute liberté pour choisir notre métier (coach, peut-être ?), mais ce choix existentiel va déterminer nécessairement notre « essence ».

Nous touchons ici au thème de la responsabilité. Selon le philosophe, l’homme est irrémédiablement responsable par ces actes. De-là, d’ailleurs, toute l’angoisse d’engager cette responsabilité et cette liberté face à des possibilités infinies. Voici donc le rapport entre l’existentialisme et le métier de coaching : celui-ci doit se fonder sur le principe d’action et sur la responsabilité inaliénable de l’individu (cf. – Linkup Coaching – Jean-Luc Avella Bagur et Stéphanie Plessis). En ce sens, la pratique du coaching peut être reliée à l’existentialisme en tant que discipline ancrée dans une réalisation autonome, qui s’adapte à la complexité du présent pour l’inventer.

Non par hasard, la philosophie sartrienne débouche sur une critique consistante de l’inconscient freudien. L’hypothèse d’une conscience qui serait essentiellement déterminée par quelque chose d’autre qu’elle-même n’est pas à exclure des principes théoriques du coaching. Néanmoins, en suivant le philosophe français, nous avons du mal à fonder cette pratique sur la seule idée de l’inconscient. En effet, l’individu est un élément déterminant et non pas déterminé. Serait-il donc un individu de la conscience en dépit de l’inconscient ? Certainement, surtout quand nous pensons que « la vie, elle, n’est rien, mais c’est à vous de lui donner un sens, et la valeur n’est pas autre chose que ce sens que vous choisissez. »[1]


[1] Jean-Paul Sartre, L’existentialisme est un humanisme


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A propos de l'auteur

Diego Torraca

#Philosophe #R&D #Autrui #Intersubjectivité

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