Du développement durable de la personne…

02-12-2015



Dans un monde clos, dans un monde fini, qu’est-il besoin de s’interroger ? Ne suffit-il pas de se satisfaire de la contemplation des contours d’un monde à notre échelle d’individu ? Le besoin de sens quand il apparaît, quête ou cheminement salutaire, serendipité heureuse, élargi nos perspectives, découvre l’abîme du chemin au bord duquel nous cheminions sans conscience, questionnant aussi bien notre adéquation à l’environnement que notre finalité à être, à entreprendre, à se déterminer. C’est l’essence de la maïeutique.

Aujourd’hui, les philosophes sont sur le devant de la scène, qu’il s’agisse des métiers de l’accompagnement, de l’actualité politique, économique ou sociétale.

Plus encore que la science et les concepts, c’est l’exercice philosophique comme science de l’éthique (comprenez ici quête de la sagesse et du bonheur) qui est pris en exemple comme un exercice salutaire.

Des stages de philosophie s’ouvrent sous la rubrique développement personnel, des entretiens philosophiques fleurissent et l’Homme moderne semble se réinventer dans un nouveau type de questionnement. Alors ? Question très souvent abordée : faudrait-il être philosophe pour être coach ?

Quand nous appréhendons l’exercice philosophique, par-delà l’incertitude et le prisme de l’hésitation sur les conduites à tenir, nous abordons les rivages du doute qui avant d’être un concept, est une dynamique, un étonnement, un décalage.

Cet étonnement est au cœur du travail de questionnement du coach. L’authenticité que nous tentons d’approcher dans un travail permanent d’autoréflexivité est dans le premier temps de l’instauration de cette relation particulière entre le coach et son client, un processus de déconstruction, une libération.

Le coach, à l’image du philosophe, interroge les cadres et les croyances. Le client dans cette remise en question interroge son identité. C’est la sortie des rôles, l’émergence du « je », la découverte du soi après la séparation de ses illusions. «  Je doute donc je suis…. ».  Le coach dans ce questionnement permet l’émergence d’une vision, d’un sens profond, d’un choix, d’un engagement.

C’est ainsi que nous pouvons en suivant trouver un socle partagé par les 2 disciplines : l’autonomie.

Ne plus faire ce que je crois que l’on attend de moi, ne prendre de chemins que ceux que l’on se choisit. Faire ce que je suis, être aligné, congruent, épanoui. Ne pas attendre que la détermination confortable du stéréotype invente un chemin ; mais dans cette marche vers l’autonomie découvrir le sens profond et la responsabilité. L’adultité est dans l’engagement personnel. Le socle est commun aux deux approches, il en est le cœur.

Après le manager-coach va-t-on voir poindre des coachs philosophes voir des philosophes coachs ? Peut-être. Ce qui est certain c’est que, la nécessité actuelle réside dans cette réconciliation entre l’éthique et l’action, dans ce que l’on pourrait désormais nommer développement durable de la personne…


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Une réponse à “Du développement durable de la personne…”

  1. Norbert Macia dit :

    Bonjour Stéphanie et merci à vous pour cette belle réflexion et partage sur notre métier. J’ai, personnellement, été à deux doigts de me prendre les pieds dans le tapis du « coach philosophe » et, effectivement, ce qui compte n’est pas le rajout d’une catégorie supplémentaire à la somme de celles existantes (ou préexistantes) mais bien la visée d’un positionnement possible dans un sens clairement identifié. « Durable », je ne sais pas trop … mais sortir d’un « écrasement », d’un affaissement ou d’une perte de sens pour soi, même si cela ne dure qu’un temps, est déjà une belle victoire !
    Le point de vigilance, il nous concerne tous, est précisément de trouver un juste équilibre et un rapport sain avec ce fameux « devant de la scène » et ses avatars que sont les nouveaux moyens de communication et réseaux sociaux, qui demeurent cependant aujourd’hui incontournables. D’ailleurs, certains philosophes et autres personnalités dites « publiques » s’y brûlent régulièrement et joyeusement les ailes (…), mais réussissent parfois tout autant à faire de belles choses.
    En effet, l’enjeu le plus fondamental pour un coach consiste dans le fait de préserver son authenticité, avec ses clients bien évidement, mais aussi avec lui-même, ses choix et ses prises de position. Sans authenticité, point d’autonomie réelle mais bien le jeu médiatique de la séduction. Il faut aussi accepter de déplaire, parfois, pour être intègre.

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A propos de l'auteur

Stéphanie Plessis

Stéphanie Plessis

Co-Fondatrice Linkup Coaching

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