Coaching, justice et droit

16-01-2018



Le coaching se fonde, entre autres choses, sur la pragmatique de la relation et du rapport collaboratif. Cette pragmatique de la relation éclaire deux aspects fondamentaux que sont la notion de justice et la notion de droit.

La relation juridique entre le coach et son client est inter partes. C’est-à-dire que, tel que l’expression latine nous le montre, un contrat est établi « entre les parties ». La force obligatoire de ce contrat, régi par le droit privé, n’a égard donc qu’aux parties contractantes. Cette relation contractuelle est nécessaire pour stipuler clairement le cadre d’intervention du coach.

De cette façon, la règle fondée en droit est à la base du métier. Cette démarche formelle assure que l’engagement du client soit conscient et clair. Elle nous révèle surtout que la justice, dans le sens de ce qui est juste, est un composant essentiel de ce que nous entendons par « la dimension juridique du coaching ». La qualité d’être juste c’est l’affirmation d’une juste mesure. Selon la pensée aristotélicienne, le « juste milieu » est le point intermédiaire entre l’excès et le défaut. Il s’agit bien ici d’équilibrer deux éléments opposés. Dans le cas du coaching, la justice, dans le sens de ce qui est juste, s’inscrit dans cette quête d’une relation équilibrée entre le coach et son client. Il est important d’insister sur la dimension explicite de la règle, parce que même le droit, paradoxalement, parfois ne le fait pas.

Ce qui est juste et qui s’apparente à l’acception de justice en coaching ne révélerait pas uniquement du droit mais plus sûrement du contrat moral du coach lié à l’obligation de moyen, d’une part, et à une certaine obligation de résultat, d’autre part, pour ce qui relève et résulte de la qualité de sa posture et de sa compétence professionnelle consciente.

Est-ce un hasard si les textes juridiques ne sont pas toujours clairs ? Comme le souligne le professeur Alexandre Flückiger, « la complexité de la loi ne fait que refléter la complexité du monde », donc, une loi parfaitement claire n’aurait « jamais la plasticité nécessaire pour s’adapter à son environnement et agir efficacement sur la société. »[1] L’argument est fort et dévoile une problématique tout à fait intéressante : la clarté de la loi doit être revêtue d’une certaine complexité pour s’inscrire dans la réalité.

En va-t-il de même pour le coaching ? Pas exactement. Dans son aspect juridique, celui du contrat « entre les parties », il n’y a pas de place pour une règle qui ne soit pas explicite. La valeur de la règle est ici justement sa capacité à éliminer toute forme de confusion. Cela garantit non seulement le caractère professionnel de la relation, mais aussi comment chaque acteur y est impliqué. Il s’agit toujours, dans le cadre de l’intervention du coach, de spécifier les responsabilités en vue d’une relation qui soit juste. « Bon pour accord » ?


[1] Le principe de clarté de la loi ou l’ambigüité d’un idéal, Alexandre FLÜCKIGER – Cahiers du Conseil constitutionnel n° 21 Dossier : La normativité -janvier 2007.


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