Maïeutique

19-10-2017



Le Dictionnaire Philosophique du Coach est un projet visant à proposer une définition des concepts liés au métier de coach, en mettant en lumière leur dimension philosophique. Avoir une idée claire des notions qui sont aux fondements d’une pratique, c’est essentiel pour le coach en devenir qui questionne naturellement la signification de son vocabulaire, mais aussi pour le coach accompli qui cherche une plus grande maîtrise de sa connaissance. L’aspect philosophique du vocabulaire du coaching rend au lecteur les mots dans leur sens le plus précis mais qui s’avère être souvent étonnant et plein d’interrogations.

 -Maïeutique

La dimension philosophique du coaching ressort le plus tangiblement à travers la pratique du questionnement. C’est pourquoi nous disons que le Coaching prend ses racines dans la Grèce Antique, parmi les premiers penseurs de l’histoire. Grâce au questionnement, le client remet de l’ordre dans ses pensées, ses croyances, ses priorités : il clarifie ses objectifs. C’est l’art du coach que de savoir conduire, par le moyen d’une typologie du questionnement, logique et méthode de ce dernier,  le client jusqu’à ce terme. Connaissance et maîtrise de soi sont toutes deux des visées communes au Coaching et à la Philosophie.

La maïeutique est une technique de questionnement d’une portée comparable à celle du Coaching. Art d’accoucher les esprits, son inventeur Socrate l’emploie dans les dialogues de Platon pour faire accoucher les hommes d’eux-mêmes. Autrement dit, il leur montre la connaissance vraie gisant par-delà leurs croyances fausses – Vérité qu’ils possèdent déjà en eux. Philosophiquement, la maïeutique est donc un cheminement conduisant de l’opinion, tissu d’idées reçues, vers un savoir rationnel.

 

La posture du coach, son non-jugement, le fait qu’il ne donne pas de conseils, porte tout entière l’empreinte de Socrate et de la maïeutique. Pour illustrer ce point, rapportons un propos du célèbre athénien dans le Théétète (à remettre dans le contexte de son époque) :

« Mon art d’accoucheur comprend donc toutes les fonctions que remplissent les sages-femmes ; mais il diffère du leur en ce qu’il délivre des hommes et non des femmes et qu’il surveille leurs âmes en travail et non leurs corps. Mais le principal avantage de mon art, c’est qu’il rend capable de discerner à coup sûr si l’esprit du jeune homme enfante une chimère et une fausseté, ou un fruit réel et vrai. J’ai d’ailleurs cela de commun avec les sages-femmes que je suis stérile en matière de sagesse, et le reproche qu’on m’a fait souvent d’interroger les autres sans jamais me déclarer sur aucune chose, parce que je n’ai en moi aucune sagesse, est un reproche qui ne manque pas de vérité. Et la raison, la voici ; c’est que le dieu me contraint d’accoucher les autres, mais ne m’a pas permis d’engendrer. » (Platon, Théétète, éd. Garnier-Flammarion, 1991, trad. Emile Chambry, p. 71.)  


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