DICOPHILO DU COACH – AUTONOMIE

05-10-2017



Le Dictionnaire Philosophique du Coach est un projet visant à proposer une définition des concepts liés au métier de coach, en mettant en lumière leur dimension philosophique. Avoir une idée claire des notions qui sont aux fondements d’une pratique, c’est essentiel pour le coach en devenir qui questionne naturellement la signification de son vocabulaire, mais aussi pour le coach accompli qui cherche une plus grande maîtrise de sa connaissance. L’aspect philosophique du vocabulaire du coaching rend au lecteur les mots dans leur sens le plus précis mais qui s’avère être souvent étonnant et plein d’interrogations.

-AUTONOMIE

L’autonomie désigne la faculté de se donner à soi-même ses propres lois, en accord avec l’étymologie grecque du mot : autos (soi-même) et nomos (loi, règle). Autonomie est bien souvent synonyme de liberté. Rousseau écrit dans Du Contrat social que « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté»[1]. Kant, penseur non moins important et lecteur du philosophe genevois, fonde son système moral sur l’autonomie. Pour lui, seul le respect de la loi morale rend l’individu libre. Or cette loi morale n’est surtout pas une loi que l’on se donne arbitrairement. Bien au contraire, la loi morale (dite impératif catégorique) va au-delà de l’individu, elle est universellement valable pour tous les êtres doués de raison. Partant, il est curieux de constater que l’autonomie n’est pas tant l’expression de notre bon vouloir que la faculté humaine de concevoir par soi-même des lois qui nous concernent tous.

Qu’est-ce qu’être autonome ? Ce n’est pas se donner licence, mais bien avoir accès à la connaissance du monde par la raison, et se rendre ainsi juge de son action. Nous perdons un peu de cette autonomie quand nous agissons en dissonance avec notre rationalité. Le coach, lui, dans l’exercice de son métier, reconnaît l’autonomie de son client et renforce, par son type d’accompagnement, cette faculté en lui. C’est là ce qu’on appelle le principe de responsabilité. Le renforcement de cette autonomie constitue en propre le travail du coach, au-delà de l’atteinte d’un objectif particulier. D’où le fait qu’il y ait dans le coaching une obligation de moyens et non une obligation de résultats. – Mais une autonomie accrue n’est-elle pas, en elle-même, un résultat ?


[1] Du Contrat Social, Livre I, chap. VIII


, , , ,


4 réponses à “DICOPHILO DU COACH – AUTONOMIE”

  1. Damon Céline dit :

    Quelle bonne idée ! Merci pour cette proposition. Est-il possible de contribuer à ce projet ?
    Merci pour votre réponse.
    Céline Damon

  2. Aline Bizien dit :

    Je félicite cette initiative ! Nous, coaches, avons constamment besoin d’apprendre ou de réapprendre. Revisiter régulièrement les concepts, les outils, le vocabulaire du Coaching est gage de professionnalisme et d’éthique. Bravo aux personnes à l’origine de ce projet ! Je ne manquerai pas de suivre le Dicophilo du Coach

  3. Ah oui belle idée! Puisque je pense qu’on pourra réagir à ces définitions, y apporter notre point de vue, ce sera une vraie plus value pour notre quête d’amélioration de notre pratique. Je garde le lien précieusement merci !

  4. Franck-Olivier dit :

    L’autonomie est le but à atteindre pour le client du coach. Tant qu’il ne se sent pas autonome, ou tant que le coach n’a pas »réussi » à engager son client dans cette voie, le risque d’être en demande, de tomber dans un rapport dangereux ( triangle de Karpman) est important, et inconsciemment, si la vigilance n’est pas là. C’est donc une très bonne idée ce dicophilo !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *