Biblio des coachs

Biblio des coachs: janvier 2018

Bonne année à tous, ce que je vous souhaite pour cette année, au-delà du bonheur, c’est que les livres et œuvres en général présentées ici vous soient utiles, qu’elles vous inspirent et attisent votre curiosité. Aujourd’hui et pour commencer l’année, je vous propose un sujet des plus inspirants, l’organisation et les entreprises, sujet abordé sous le prisme sociologique.


Pour ceux d’entre vous (coachs ?), qui travaillent en entreprise, les deux livres présentés résonneront forcément avec les problématiques auxquelles vous êtes confrontés quotidiennement. Pour les autres, au-delà de la curiosité, ces travaux s’inscrivent dans une réflexion plus générale sur la place de l’humain dans l’organisation et dans le système économique, donc, plus généralement, la place de l’humain dans la société et ses institutions. Ce faisant, nous touchons un thème central en coaching (l’importance de l’humain), ainsi qu’un thème central des réflexions menées en philosophie, en sociologie, etc.

Sur ces sujets, vous pouvez également aller consulter les numéros 1 et 4 de la Revue Européenne de Coaching ICI (1) et LA (4)

Nous devons le premier livre à Philippe Bernoux, le titre est simple et révélateur du contenu : La sociologie des entreprises. C’est une somme qui récapitule les avancées en sociologie des organisations et des entreprises. Le second livre est un Repères, collection classique des éditions La Découverte de 128 pages (comme les Que sais-je ? des PUF), sobrement intitulé La sociologie des organisations. Nous le devons à Lusin Bagla. C’est un manuel introductif à la sociologie des organisations.

Bibliographie

« Peut-on, pour autant, réduire le changement à l’action de quelques acteurs clés, qui, au bon moment, savent entraîner et faire adhérer à leurs idées comme à leurs actions ? Cette thèse supposerait que la relation du leader au groupe est à sens unique, excluant le retour ou l’attente des membres du groupe. » Bernoux (1999 : 80)

Lusin Bagla. Sociologie des organisations. La Découverte. Coll. « Repères ». 2003 (Nouvelle édition)

Dans un premier temps, Bagla propose une histoire de l’évolution des modes d’organisation, à travers l’évolution structurelle (liée au corps de métier, donc du secondaire au tertiaire), mais également à travers un processus plus global de rationalisation (processus dont on retrouve la trace dans les travaux d’Alexis de Tocqueville ou encore de Max Weber). En d’autres termes, nous passons d’une organisation taylorienne verticale à une conception de l’organisation plus horizontale aujourd’hui.

L’organisation est moins une structure hiérarchique qu’un réseau d’acteurs, où chacun fait jouer ses atouts. Ainsi, page 86 : « il est difficile de réduire l’organisation à un espace physique aux contours fixes. C’est la raison pour laquelle, dans leur « analyse stratégique », Crozier et Friedberg [1977, 1995] s’intéressent à l’action (collective) organisée. » Ce modèle de lecture de l’organisation est appelé modèle systémique, on le retrouve chez différents auteurs, de Herbert Simon à Erhart Friedberg, en passant donc par Crozier.

Philippe Bernoux. La sociologie des entreprises. Points. Coll. « Essais ». 1999 (2e éd.)

Ce livre est plus fourni que le Repères de Bagla, avec la volonté d’appliquer cette lecture aux entreprises, en laissant de côté la question des organisations plus générale. En d’autres termes, Bernoux remplace le mot organisation par entreprise, ce qui peut être considéré comme une spécification. Il fait le constat de la relative absence de la notion « entreprise » dans le vocabulaire sociologique : (9) « ce n’est que ces dernières années que l’entreprise a été considérée comme un objet digne de l’attention scientifique des sociologues. […] Les institutions comme la famille, l’école, la religion y ont leur place. D’entreprise, point. »

La raison en est simple : la sociologie s’attache à étudier « la construction des règles que se donne tout groupe humain » (10) et « le sens que les individus donnent à leurs actions » (11). Or, l’entreprise a depuis longtemps été considérée comme dépendante de circonstances externes (techniques, politiques, économiques, etc.), tout en étant un lieu de production où le sens était exclu. L’évolution décrite rapidement ci-haut (processus de rationalisation et « individualisation » de l’organisation) remet l’individu au centre de l’entreprise d’une part, tout en considérant la possibilité d’une « culture d’entreprise » d’autre part (mais ce dès Taylor, bien que cette culture ne soit qu’en grande partie liée aux méthodes de production).

En d’autres mots, considérer l’entreprise comme objet sociologique c’est la considérer avant tout comme un environnement social est défini par les interactions qui ont lieu en son sein entre les acteurs plus qu’il ne les définit.

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