Wittgenstein et le coaching : à la recherche de la lumière perdue

21-12-2017



La philosophie du langage de Wittgenstein est réputée pour sa complexité. Des formules comme « Les faits dans l’espace logique sont le monde » peuvent poser des soucis même pour les commentateurs et historiens de la philosophie les plus avisés. Paradoxalement, le but poursuivi par le philosophe était plutôt évident : tout ce qui peut être dit dans un discours, peut l’être de façon claire.

Cette formule a une puissance décisive dans l’histoire de la philosophie. Wittgenstein voulait dire par-là qu’une grande partie de la production philosophique, de toutes les époques, y compris celles des grands auteurs, était chargée d’une complexité vide, faute de pouvoir mettre en lumière la logique de notre langue. C’est-à-dire que la philosophie n’a pas pu accomplir, au moins avant la parution de son œuvre, sa tâche principale, à savoir celle de trouver de vraies solutions à de vrais problèmes. La formulation de sa pensée est lapidaire : « sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. »[1]

Il est possible de tracer un parallèle entre cette façon de concevoir le monde et la pratique du coaching. L’intervention du coach ne se fait jamais ex nihilo[2]. Au contraire, elle doit être fondée sur une demande réelle du client, qui peut assumer plusieurs formes. Le but du coach, et c’est là que nous proposons le rapport avec la philosophie de Wittgenstein, est celui de clarifier cette demande, c’est-à-dire d’expliciter sa formulation. Il s’agit bel et bien de la raison d’être du langage, à savoir sa capacité à être précis, clair. Nulle demande plongée dans l’obscurité ne peut faire l’objet du travail du coach, autant que nul discours d’une complexité vide ne peut résoudre les problèmes philosophiques.

Cette démarche vise le sens effectif des choses. Pour le coach, le sens est l’objectif à poursuivre vis-à-vis du client. Pour le philosophe, le sens est, par excellence, ce qui reste dans la logique propre au langage. Aux hommes de bonne volonté, la quête de lumière !


[1] Tractatus logico-philosophicus, trad. de l’allemand par Gilles Gaston GRANGER, Paris, Gallimard, 1993.

[2] A partir de rien.


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